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Étude · Veille

Combien d'entreprises françaises sont sous contrôle étranger ? Ce que les registres en montrent.

En bref

19 100 entreprises sous contrôle étranger en France, 0,5 % des entreprises et 12,7 % de l'emploi marchand, selon l'INSEE. vérifié le 2023
1 sur 13 des filiales françaises de groupes étrangers laisse voir cet actionnaire dans les registres publics : les autres sont dirigées par des personnes. vérifié le 19/09/2026
50 % des filiales de groupes étrangers de 50 salariés et plus sont industrielles, contre un cinquième des sociétés de cette taille. vérifié le 19/09/2026

Qui détient les entreprises françaises est une question de souveraineté à laquelle personne ne peut répondre sur pièces. Nous avons cherché ce que les sources ouvertes en laissent voir, sur la base entière, le 19 septembre 2026, par deux chemins qui ne se connaissent pas : les rôles déclarés au registre, et les périmètres de groupe publiés par les identifiants d'entités juridiques.

19 100 entreprises sous contrôle étranger, 13 % de l'emploi.

C'est le compte de l'INSEE pour 2023 : 0,5 % des entreprises des secteurs marchands, 12,7 % de l'emploi et 17 % de la valeur ajoutée.1 Il vient d'un répertoire de liaisons financières que le secret statistique lui réserve : ni la liste, ni les sociétés.

Le ministère de l'Économie, lui, regarde les opérations et non le stock : son contrôle des investissements étrangers a donné 182 autorisations en 2024, dans les seuls secteurs énumérés par la loi.2 Cent quatre-vingts décisions par an d'un côté, dix-neuf mille sociétés de l'autre.

Reste ce que chacun peut consulter. Le registre national des entreprises montre 10 889 sociétés françaises actives où une société étrangère dirige, est associée déclarée ou siège à la surveillance ; les groupes qui portent un identifiant d'entité juridique en rattachent 1 826 à une tête étrangère. Ces nombres ne se comparent pas : l'INSEE compte le périmètre français d'un groupe, nous comptons des sociétés une à une.

Le registre montre l'actionnaire étranger d'une filiale sur treize.

Figure 01 · Lecture au 19/09/2026

Sur 1 826 filiales françaises de groupes étrangers, 138 laissent voir cet actionnaire au registre

Ce que le registre déclare pour des sociétés dont un groupe étranger publie par ailleurs qu'il les consolide, en nombre de sociétés

  • Une société étrangère 138 · 7,6 %
  • Une société française, le plus souvent la holding du groupe 430 · 23,5 %
  • Des personnes physiques seulement 1 222 · 66,9 %
  • Aucun dirigeant en fonction 36 · 2,0 %

1 carreau = 1 % du total, soit environ 18 sociétés

Source : Base Hexagone Leads (registre national des entreprises, INPI ; référentiel mondial des identifiants d'entités juridiques) · Méthode : Rôles de direction, d'associé et de surveillance en fonction ; catégories exclusives · Lecture au 19/09/2026 Voir les données Masquer les données
Données de la figure 01
Ce que le registre déclareValeur
Une société étrangère138
Une société française, le plus souvent la holding du groupe430
Des personnes physiques seulement1 222
Aucun dirigeant en fonction36

Ces sociétés sont un rare point de comparaison : un groupe étranger a déclaré ailleurs qu'il les consolide, et on peut donc demander au registre ce qu'il en dit. Il nomme la société étrangère dans 138 cas, 7,6 %. Il nomme une société française dans 430 autres, presque toujours la holding française du groupe, qui renvoie la question d'un étage. Et dans 1 222 cas il ne montre que des personnes : le directeur général français, pas l'actionnaire.

Ce n'est pas une lacune de collecte : 1 821 d'entre elles portent bien des rôles en fonction. C'est le registre qui ne consigne pas la détention. Les associés d'une SAS ne sont pas déclarés, et la SAS est la forme des filiales. D'où une règle de lecture à garder pour toute la suite : les comptes ci-dessous sont des planchers, jamais des recensements, et l'absence de lien ne prouve rien.

Les secteurs : l'industrie fait la moitié des filiales étrangères.

Figure 02 · Lecture au 19/09/2026

L'industrie est deux à trois fois plus présente parmi les sociétés à lien étranger que dans l'ensemble

Répartition par secteur des sociétés de 50 salariés et plus, en % ; « Conseil et R&D » regroupe les services spécialisés, « Santé » la santé, le social et l'enseignement

  • Toutes les sociétés de 50 salariés et plus
  • Lien étranger au registre
  • Filiales de groupes étrangers
Source : Base Hexagone Leads (Sirene, INSEE ; registre national des entreprises, INPI ; référentiel mondial des identifiants d'entités juridiques) · Méthode : 38 381 sociétés de 50 salariés et plus, dont 666 à lien étranger au registre et 712 rattachées à une tête étrangère · Lecture au 19/09/2026 Voir les données Masquer les données
Données de la figure 02
SecteurToutes les sociétés de 50 salariés et plusLien étranger au registreFiliales de groupes étrangers
Industrie20,035,150,6
Commerce19,221,818,7
Information5,712,59,0
Conseil et R&D8,711,36,3
Construction6,91,51,0
Santé8,21,10,0
Services admin.9,22,02,7

Les deux chemins sont bâtis sur des sources différentes, et ils se rejoignent : l'industrie pèse un cinquième des sociétés de 50 salariés et plus, et 35 % à 51 % de celles qui portent un lien étranger. L'information et la communication suivent le même écart. À l'inverse, la construction, la santé, l'enseignement et les services administratifs sont deux à huit fois moins présents qu'attendu.

L'INSEE va dans le même sens : l'industrie fait 33 % de l'emploi sous contrôle étranger.1 Elle y ajoute ce que nos deux chemins ne voient pas, les services administratifs, où elle compte 19 % de cet emploi : le travail temporaire, le nettoyage et la sécurité passent par des dirigeants personnes, invisibles ici.

Métallurgie, papier, R&D : les sociétés les plus exposées.

Figure 03 · Lecture au 19/09/2026

Dans la métallurgie, une société de 50 salariés et plus sur seize a une société étrangère parmi ses dirigeants ou associés déclarés

Part des sociétés de 50 salariés et plus portant un lien étranger au registre, en %, divisions d'au moins 100 sociétés

Source : Base Hexagone Leads (registre national des entreprises, INPI ; Sirene, INSEE) · Méthode : Effectifs concernés faibles, de 5 à 24 sociétés par division : un ordre de grandeur, pas un taux à la décimale · Lecture au 19/09/2026 Voir les données Masquer les données
Données de la figure 03
Division d'activitéValeur
Métallurgie6,3
Papier et carton6,1
Recherche-développement scientifique5,7
Services d'information5,6
Autres matériels de transport4,8
Télécommunications4,5
Industrie pharmaceutique4,5
Fabrication de produits électroniques4,5

Ces huit divisions se recoupent en partie avec les secteurs que la loi soumet à autorisation préalable : armement et biens à double usage, énergie, eau, transports, santé publique, sécurité alimentaire, recherche sur les technologies critiques.3 Le recoupement n'est que partiel, et il porte sur des catégories, pas sur des sociétés : l'énergie, l'eau et les transports sont contrôlés alors que nos deux chemins y voient peu de liens étrangers.

La présence étrangère la plus nombreuse n'emploie personne.

Figure 04 · Lecture au 19/09/2026

Les immatriculations d'entités étrangères en commerce de détail ont été multipliées par trente en sept ans, quand les autres activités ne bougent pas

Personnes morales de droit étranger immatriculées en France chaque année, en nombre, quelle que soit leur situation aujourd'hui

  • Commerce de détail
  • Autres activités
Source : Base Hexagone Leads (Sirene, INSEE ; registre national des entreprises, INPI) · Méthode : Année d'immatriculation ; 2026 non représentée, année incomplète (28 164 au 31/08, dont 24 553 en commerce de détail) · Lecture au 19/09/2026 Voir les données Masquer les données
Données de la figure 04
Année d'immatriculationCommerce de détailAutres activités
20103114 573
20113814 515
20124614 449
20134974 835
20145565 025
20157765 000
20161 3195 399
20171 9644 941
20184 2115 382
201914 5695 104
202021 1524 484
202134 2458 162
202226 3685 446
202314 4904 665
202411 2925 510
202525 9374 704

Il existe une troisième population, la plus nombreuse et la moins parlante : les entités de droit étranger qui ont leur propre numéro d'identification en France, environ 258 000 actives. 129 170 relèvent du commerce de détail, et 161 d'entre elles emploient quelqu'un ; 90 646 sont chinoises, dont 78 018 immatriculées depuis 2021.

Ce ne sont ni des filiales, ni des rachats, ni du contrôle d'entreprises françaises : ce sont des entités étrangères inscrites pour opérer en France, le plus souvent sans établissement ni salarié. Pourquoi elles arrivent par vagues, la base ne le dit pas. Compter « les entités étrangères au registre » donnerait donc 258 000, un nombre vingt fois plus gros que celui de l'INSEE et qui ne parle pas de la même chose.

HEXAGONE LEADS · SESSION
Dans le Haut-Rhin, combien de sociétés industrielles de 50 salariés et plus ont une société étrangère parmi leurs dirigeants ou associés déclarés ?
Registre national des entreprises (INPI) et Sirene (INSEE) (Haut-Rhin (68), industrie, 50 salariés et plus, sociétés actives)
122 sociétés : 34 sont dirigées par une société, dont 8 par une société étrangère
8 sur 122, soit 6,6 %, contre 1,7 % dans l'ensemble des sociétés françaises de cette taille. Pour les 26 autres dirigées par une société française, la réponse est un étage plus haut : c'est la holding qu'il faut regarder.
Méthodologie complète

Sources : répertoire Sirene (INSEE) pour le code d'activité, la forme juridique et la tranche d'effectif ; rôles déclarés au registre national des entreprises (INPI) pour les liens entre sociétés ; référentiel mondial des identifiants d'entités juridiques et données encyclopédiques ouvertes pour les périmètres de groupe. Lecture du 19/09/2026. Unité de compte : une société française active (personne morale, hors formes juridiques de droit étranger), comptée une seule fois quel que soit le nombre de liens étrangers qu'elle porte ; 6 646 972 dans la base. L'INSEE, lui, compte des entreprises profilées, c'est-à-dire le périmètre français d'un groupe, qui peut réunir plusieurs sociétés, et sur le seul champ marchand non agricole et non financier : les deux comptes ne sont pas comparables terme à terme. Chemin 1, le registre : une société étrangère tient un rôle en fonction de direction, d'associé ou de surveillance ; 10 889 sociétés, dont 7 356 dirigées et 3 327 avec un associé déclaré ; 666 ont 50 salariés ou plus, 115 en ont 250 ou plus. L'immobilier en fait 3 545, presque toutes sans salarié : les sociétés civiles sont la seule forme dont les associés soient couramment déclarés, ce qui gonfle ce secteur et pas les autres. Le pays du détenteur est inconnu pour 9 045 des 10 889 : aucun classement de pays n'est publié sur ce chemin. Chemin 2, les groupes : société dont la tête de groupe publiée est étrangère ; 1 826 sociétés, dont 712 de 50 salariés ou plus. Sa couverture est celle des entités qui portent un identifiant d'entité juridique, c'est-à-dire les grandes, les cotées, les banques et les activités réglementées, et presque rien en dessous ; un périmètre de consolidation est une déclaration comptable, sans pourcentage, et non une preuve de détention. Contrôle : les deux chemins se croisent sur les 1 826 sociétés du chemin 2, où le registre ne montre la société étrangère que dans 138 cas ; ce taux de 7,6 % ne s'extrapole pas au reste du tissu, l'échantillon étant biaisé vers de grandes entités réglementées, souvent dirigées par des personnes. Ce qui résiste au contrôle, et que l'article publie, c'est la forme de la répartition sectorielle, obtenue de la même façon par les deux chemins et cohérente avec l'INSEE. Tailles : tranche d'effectif INSEE de la société, pas du groupe ; les sociétés dont la tranche n'est pas renseignée sont comptées hors des 50 salariés et plus. Hors mesure : les détenteurs qui sont des personnes physiques étrangères, que rien n'identifie comme telles dans les sources publiques : le contrôle des investissements étrangers en compte pourtant 28 % parmi les investisseurs ultimes examinés en 2024. Les sociétés non diffusibles au sens de l'INSEE sont hors du champ : tous les comptes sont des planchers. Aucune société ni aucune personne n'est nommée ; tous les calculs portent sur des agrégats.

Ce que ça change pour vous.

Si vous devez savoir qui est derrière un fournisseur critique, une cible de reprise ou un partenaire sur un marché sensible, aucune source ne vous le dira seule. Les rôles déclarés donnent la société qui dirige, le référentiel des groupes donne la tête quand elle existe, et les statuts et actes déposés donnent les parts. Il faut les trois, et l'absence de lien ne vaut pas indépendance. Connectez votre assistant et posez-lui la question société par société.

Posez la question vous-même

« Pour la société (nom ou SIREN à préciser) : liste les rôles déclarés au registre en distinguant les personnes et les sociétés, dis si une société étrangère y figure et de quel pays, cherche si un groupe publie qu'il la consolide et donne le pays de la tête, puis indique quels actes déposés permettraient de connaître la répartition des parts. »

Connecter votre assistant

Questions fréquentes.

Combien d'entreprises françaises sont sous contrôle étranger ?

19 100 en 2023 selon l'INSEE, soit 0,5 % des entreprises des secteurs marchands, mais 12,7 % de l'emploi et 17 % de la valeur ajoutée. Les registres publics, eux, montrent une société étrangère dirigeante ou associée déclarée dans 10 889 sociétés françaises actives au 19 septembre 2026 : un plancher, pas un recensement.

Pourquoi votre chiffre n'est-il pas celui de l'INSEE ?

Parce qu'il ne compte pas la même chose. L'INSEE compte des entreprises profilées, c'est-à-dire le périmètre français d'un groupe, à partir d'un répertoire de liaisons financières non public. Nous comptons des sociétés une à une, à partir de ce que les registres publient. Et les registres ne consignent pas qui détient les parts d'une SAS.

De quels pays viennent ces investisseurs ?

Les États-Unis arrivent en tête dans les trois sources : l'INSEE pour l'emploi, le référentiel des groupes pour le nombre de filiales, le contrôle des investissements étrangers pour les opérations examinées. Sur les 1 826 filiales rattachées à une tête étrangère, celle-ci est américaine dans 288 cas, luxembourgeoise dans 255, allemande dans 241, britannique dans 154 et suisse dans 106. Sur les rôles déclarés au registre, en revanche, le pays est inconnu huit fois sur dix : nous n'en publions pas de classement.

Quelle part du CAC 40 est détenue par des étrangers ?

50 % du capital des 35 sociétés françaises de l'indice à fin 2024, soit 1 083 milliards d'euros sur 2 165, et 19 d'entre elles sont détenues à plus de la moitié par des non-résidents, venus surtout de la zone euro (40 %) et des États-Unis (34 %).5 C'est une autre mesure que celle de cet article : une part de capital coté, pas un nombre de sociétés contrôlées.

Comment savoir si une entreprise française appartient à un groupe étranger ?

En croisant trois sources, parce qu'aucune ne suffit seule. Les rôles déclarés au registre donnent la société qui dirige, et son pays quand elle est étrangère. Les données publiées par les groupes qui portent un identifiant d'entité juridique donnent la tête de groupe, quand elle existe. Les statuts et les actes déposés donnent la répartition des parts. Et l'absence de lien dans les deux premières ne vaut pas indépendance.

Le registre dit-il qui détient une entreprise française ?

Non. Il dit qui la dirige, qui la surveille, et qui est associé déclaré d'une société civile ou en nom collectif. Les associés des SAS et des SARL n'y sont presque jamais déclarés. Pour les parts, il faut lire les statuts et les actes déposés.

L'État contrôle-t-il les investissements étrangers ?

Oui, dans des secteurs limitativement énumérés, avec une autorisation préalable du ministre de l'Économie.3 Le contrôle se déclenche à la prise de contrôle, à l'acquisition d'une branche d'activité, au franchissement de 25 % des droits de vote, ou de 10 % dans une société cotée, ces deux seuils ne visant que les investisseurs hors Union européenne et Espace économique européen.4 En 2024, 392 dossiers ont été déposés, 337 décisions rendues, 182 opérations autorisées dont 54 % sous conditions, et 6 refus ont été prononcés en trois ans.2 Le rapport ne publie que des totaux : aucune opération, aucune société, aucun investisseur n'y est nommé. Réponse à jour au 20 septembre 2026.

Une entreprise détenue par un particulier étranger apparaît-elle dans vos chiffres ?

Non. Nous ne comptons que les sociétés étrangères, parce que rien, dans les sources publiques, ne dit la nationalité d'une personne. C'est une part réelle : parmi les investisseurs ultimes examinés au titre du contrôle des investissements étrangers en 2024, 28 % étaient des personnes physiques.2

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