En bref
Deux phrases vraies en même temps. « Les PME remportent 58 % des contrats publics », dit notre panorama de septembre, et l'Observatoire économique de la commande publique écrit la même chose pour 2024 : 60 % des marchés vont à des TPE et PME.1 « 1 % des entreprises remportent la moitié des montants », dit cette étude. Il n'y a pas de contradiction, seulement deux unités de compte : la première compte des contrats, la seconde des euros. Les PME gagnent des contrats ; le 1 % gagne des montants.
Cette étude mesure la seconde phrase, sur les données essentielles de la commande publique (DECP), que tout acheteur public doit publier pour chaque contrat au-delà de 40 000 euros hors taxes.2 Fenêtre : les contrats notifiés du 1er septembre 2025 au 31 août 2026, soit 294 325 contrats, 225,9 milliards d'euros, 66 666 titulaires identifiés par leur numéro SIREN, chaque filiale comptée avec son groupe quand une source publique les relie. La question est celle de la répartition : comment ces 225,9 milliards se distribuent-ils entre ceux qui les reçoivent ? Aucune publication officielle ne donne cette courbe, ni l'indice qui la résume.
Compter des contrats, compter des euros.
Figure 01 · Lecture au 05/09/2026
Le 1 % du haut reçoit la moitié des montants avec moins d'un contrat sur cinq ; la moitié basse, un contrat sur six pour 1,5 % des montants
Part des contrats et part des montants, en %, par bande de titulaires classés par montant reçu sur douze mois
- Part des contrats
- Part des montants
Source : Données essentielles de la commande publique (DECP), contrats notifiés du 01/09/2025 au 31/08/2026, 66 532 titulaires, filiales comptées avec leur groupe · Méthode : Montant d'un contrat partagé entre ses cotitulaires à parts égales ; un contrat partagé compte pour chaque cotitulaire dans la part des contrats ; filiales fondues dans leur tête de groupe quand Wikidata la connaît · Lecture au 05/09/2026 Voir les données Masquer les données
| Bande de titulaires | Part des contrats | Part des montants |
|---|---|---|
| 0,1 % du haut | 5,5 | 25,7 |
| reste du 1 % | 12,8 | 28,6 |
| de 1 à 5 % | 16,5 | 22,3 |
| de 5 à 10 % | 11,5 | 8,7 |
| de 10 à 50 % | 37,8 | 13,2 |
| moitié basse | 16,0 | 1,5 |
Classons les 66 532 titulaires (une entreprise, ou un groupe quand ses filiales lui sont reliées) par le montant qu'ils ont reçu sur douze mois, du plus petit au plus grand, et découpons la file en bandes. Les 66 titulaires du sommet, un millième de la population, reçoivent 25,7 % des montants. Les 665 du 1 % en reçoivent 54,3 %, avec 18,2 % des contrats. Le décile supérieur, 6 653 titulaires, reçoit 85,3 % des montants. La moitié basse, 33 292 titulaires, se partage 1,5 % de l'argent, et cela pour 16 % des contrats : ce sont les petits marchés, un par titulaire le plus souvent.
| Bande | Titulaires | Montant | Part des montants | Part des contrats | Ticket d'entrée |
|---|---|---|---|---|---|
| 0,1 % du haut | 66 | 57,2 Md€ | 25,7 % | 5,5 % | 325 M€ |
| Le 1 % (cumul) | 665 | 120,9 Md€ | 54,3 % | 18,2 % | 48,1 M€ |
| Les 5 % (cumul) | 3 326 | 170,6 Md€ | 76,6 % | 34,7 % | 8,9 M€ |
| Le décile (cumul) | 6 653 | 189,9 Md€ | 85,3 % | 46,2 % | 3,9 M€ |
| Moitié basse | 33 292 | 3,3 Md€ | 1,5 % | 16,0 % |
Bandes de la figure : 66, 599, 2 661, 3 327, 26 587 et 33 292 titulaires. Montants attribués à chaque titulaire après partage des contrats cotitulaires à parts égales (222,6 Md€ sur les 225,9 du total, le reste étant sans titulaire identifiable ou sans montant). Le ticket d'entrée est le montant du plus petit titulaire de la bande. Un contrat partagé est compté une fois par cotitulaire dans la part des contrats.
Le profil type des deux bouts de la file dit la même chose autrement. Le titulaire médian du 1 % a signé 45 contrats avec 19 acheteurs différents, pour 87 millions d'euros. Le titulaire médian des 99 % restants a signé deux contrats avec un seul acheteur, pour 263 000 euros.
Ce 54,3 % compte les groupes, et pas seulement les entités juridiques, là où le lien est connu. Les données de la commande publique ne portent pas la structure des groupes, et les rôles déclarés au registre ne relient pas une société anonyme à son actionnaire : mesurée par entité juridique, la part du 1 % est de 53,7 %. Wikidata décrit les liens de contrôle des grands groupes,3 et relie 393 de nos 66 642 entités à une tête de groupe, dont 274 à une tête française identifiée par son SIREN : 0,6 % des titulaires, mais 13 % des montants et 16 des 100 premiers. Nous avons fondu ces filiales dans leur tête, ce qui ramène la population à 66 532 titulaires et porte le 1 % de 53,7 % à 54,3 %, le 0,1 % de 24,2 % à 25,7 % ; l'indice de Gini ne bouge pas. Le rattachement ne couvre que les groupes qu'une encyclopédie décrit : le chiffre reste une borne basse de la concentration par groupe, mais l'écart connu est de l'ordre du point, pas de la dizaine.
La courbe de Lorenz.
Figure 02 · Lecture au 05/09/2026
Il faut les 90 % de titulaires les plus petits pour atteindre 15 % des montants
Part cumulée des montants reçue par la part cumulée des titulaires, classés du plus petit au plus grand
Source : Données essentielles de la commande publique (DECP), contrats notifiés du 01/09/2025 au 31/08/2026, 66 532 titulaires, filiales comptées avec leur groupe · Méthode : Courbe tracée sur 100 centiles de titulaires agrégés côté base ; indice de Gini exact 0,897, calculé sur les 66 532 titulaires · Lecture au 05/09/2026 Voir les données Masquer les données
| Catégorie | Valeur |
|---|---|
| Décile 0 | 0,0 % |
| Décile 1 | 0,0 % |
| Décile 2 | 0,0 % |
| Décile 3 | 0,0 % |
| Décile 4 | 0,0 % |
| Décile 5 | 0,0 % |
| Décile 6 | 0,0 % |
| Décile 7 | 0,0 % |
| Décile 8 | 0,0 % |
| Décile 9 | 0,0 % |
| Décile 10 | 0,1 % |
| Décile 11 | 0,1 % |
| Décile 12 | 0,1 % |
| Décile 13 | 0,1 % |
| Décile 14 | 0,1 % |
| Décile 15 | 0,1 % |
| Décile 16 | 0,1 % |
| Décile 17 | 0,1 % |
| Décile 18 | 0,1 % |
| Décile 19 | 0,2 % |
| Décile 20 | 0,2 % |
| Décile 21 | 0,2 % |
| Décile 22 | 0,2 % |
| Décile 23 | 0,2 % |
| Décile 24 | 0,3 % |
| Décile 25 | 0,3 % |
| Décile 26 | 0,3 % |
| Décile 27 | 0,3 % |
| Décile 28 | 0,4 % |
| Décile 29 | 0,4 % |
| Décile 30 | 0,4 % |
| Décile 31 | 0,4 % |
| Décile 32 | 0,5 % |
| Décile 33 | 0,5 % |
| Décile 34 | 0,6 % |
| Décile 35 | 0,6 % |
| Décile 36 | 0,6 % |
| Décile 37 | 0,7 % |
| Décile 38 | 0,7 % |
| Décile 39 | 0,8 % |
| Décile 40 | 0,8 % |
| Décile 41 | 0,9 % |
| Décile 42 | 0,9 % |
| Décile 43 | 1,0 % |
| Décile 44 | 1,1 % |
| Décile 45 | 1,1 % |
| Décile 46 | 1,2 % |
| Décile 47 | 1,2 % |
| Décile 48 | 1,3 % |
| Décile 49 | 1,4 % |
| Décile 50 | 1,5 % |
| Décile 51 | 1,6 % |
| Décile 52 | 1,6 % |
| Décile 53 | 1,7 % |
| Décile 54 | 1,8 % |
| Décile 55 | 1,9 % |
| Décile 56 | 2,0 % |
| Décile 57 | 2,1 % |
| Décile 58 | 2,3 % |
| Décile 59 | 2,4 % |
| Décile 60 | 2,5 % |
| Décile 61 | 2,6 % |
| Décile 62 | 2,8 % |
| Décile 63 | 2,9 % |
| Décile 64 | 3,1 % |
| Décile 65 | 3,3 % |
| Décile 66 | 3,5 % |
| Décile 67 | 3,6 % |
| Décile 68 | 3,9 % |
| Décile 69 | 4,1 % |
| Décile 70 | 4,3 % |
| Décile 71 | 4,5 % |
| Décile 72 | 4,8 % |
| Décile 73 | 5,1 % |
| Décile 74 | 5,3 % |
| Décile 75 | 5,6 % |
| Décile 76 | 6,0 % |
| Décile 77 | 6,3 % |
| Décile 78 | 6,7 % |
| Décile 79 | 7,1 % |
| Décile 80 | 7,5 % |
| Décile 81 | 8,0 % |
| Décile 82 | 8,5 % |
| Décile 83 | 9,0 % |
| Décile 84 | 9,6 % |
| Décile 85 | 10,2 % |
| Décile 86 | 11,0 % |
| Décile 87 | 11,8 % |
| Décile 88 | 12,6 % |
| Décile 89 | 13,6 % |
| Décile 90 | 14,7 % |
| Décile 91 | 15,9 % |
| Décile 92 | 17,4 % |
| Décile 93 | 19,0 % |
| Décile 94 | 21,0 % |
| Décile 95 | 23,4 % |
| Décile 96 | 26,4 % |
| Décile 97 | 30,3 % |
| Décile 98 | 35,8 % |
| Décile 99 | 45,7 % |
| Décile 100 | 100,0 % |
La courbe de Lorenz se lit ainsi : on avance sur l'axe horizontal en ajoutant les titulaires du plus petit au plus grand, et on lit sur l'axe vertical la part des montants que ces titulaires ont reçue ensemble. Si l'argent était réparti à parts égales, la courbe serait la diagonale : 10 % des titulaires auraient 10 % des montants. Le ventre de la courbe sous la diagonale est l'inégalité, et l'indice de Gini est le rapport entre cette aire et l'aire totale sous la diagonale : 0 pour l'égalité parfaite, 1 si un seul titulaire recevait tout.4 Ici, la courbe reste collée au plancher sur presque toute sa longueur, puis se redresse à la verticale dans le dernier centile : il faut ajouter 90 % des titulaires pour atteindre 15 % des montants, et le dernier centile apporte à lui seul 54,3 %. L'indice vaut 0,897.
Une distribution aussi étirée fait penser à une loi de Pareto, où le sommet obéit à la même règle d'échelle que le reste. Nous l'avons testée : l'exposant estimé sur la queue dépend du seuil auquel on la coupe, de 1,4 sur les cent premiers titulaires à 1,2 au seuil du 1 % et 0,9 au seuil du décile, alors qu'une loi de puissance donnerait une valeur constante. La commande publique n'est donc pas un processus sans échelle, et le « 1 % » n'est pas un seuil que la donnée impose : c'est une convention de lecture, empruntée aux études sur les revenus. À 0,1 %, 5 % ou 10 %, la phrase resterait vraie avec un autre chiffre, et le tableau ci-dessus les donne tous. Ce que la forme de la courbe dit, c'est que la concentration n'est pas le fait de quelques géants hors norme, les 66 premiers pèsent un quart, mais d'une pente continue sur tout le haut de la distribution.
Ce n'est pas la même concentration selon ce qu'on achète.
Figure 03 · Lecture au 05/09/2026
Dans l'énergie, dix titulaires reçoivent 83 % des montants ; dans les travaux, 14,5 %
Part des dix premiers titulaires dans les montants de la division, en %, pour les douze divisions CPV qui pèsent le plus
Source : Données essentielles de la commande publique (DECP), contrats notifiés du 01/09/2025 au 31/08/2026 · Méthode : Division CPV déclarée par l'acheteur (deux premiers caractères du code principal) ; montant partagé entre cotitulaires ; libellés abrégés, la nomenclature officielle fait foi · Lecture au 05/09/2026 Voir les données Masquer les données
| Division CPV | Valeur |
|---|---|
| 09 · Énergie, électricité | 83,4 |
| 30 · Informatique, bureautique | 69,2 |
| 34 · Matériel de transport | 62,1 |
| 39 · Mobilier, équipements | 32,5 |
| 72 · Services informatiques | 30,4 |
| 50 · Réparation, entretien | 30,3 |
| 60 · Services de transport | 27,9 |
| 90 · Environnement, déchets | 26,6 |
| 33 · Matériel médical | 22,7 |
| 45 · Travaux de construction | 14,5 |
| 71 · Architecture, ingénierie | 13,2 |
| 79 · Services aux entreprises | 12,0 |
Le chiffre national cache des marchés qui n'ont rien en commun. Les contrats sont classés par le vocabulaire commun des marchés publics (CPV), dont les divisions à deux chiffres donnent la lecture sectorielle.5 Sur les 27 divisions qui dépassent le milliard d'euros en douze mois, la part des dix premiers titulaires va de 12 % à 83 %.
| Division CPV | Montant | Titulaires | Part des dix premiers |
|---|---|---|---|
| 09 · Énergie, combustibles, électricité | 13,6 Md€ | 1 100 | 83,4 % |
| 30 · Matériel informatique et de bureau | 7,7 Md€ | 864 | 69,2 % |
| 34 · Matériel de transport | 15,6 Md€ | 2 462 | 62,1 % |
| 39 · Mobilier et équipements | 4,0 Md€ | 2 206 | 32,5 % |
| 72 · Services informatiques | 11,7 Md€ | 2 411 | 30,4 % |
| 50 · Réparation et entretien | 6,6 Md€ | 3 451 | 30,3 % |
| 60 · Services de transport | 4,5 Md€ | 1 397 | 27,9 % |
| 90 · Environnement, déchets, nettoyage | 17,4 Md€ | 3 613 | 26,6 % |
| 33 · Matériel et produits médicaux | 16,6 Md€ | 1 463 | 22,7 % |
| 45 · Travaux de construction | 66,4 Md€ | 25 684 | 14,5 % |
| 71 · Architecture, ingénierie, contrôle | 10,7 Md€ | 11 953 | 13,2 % |
| 79 · Services aux entreprises | 5,9 Md€ | 6 294 | 12,0 % |
Les douze divisions dont le montant est le plus élevé, classées par concentration décroissante. Montants après partage des contrats cotitulaires ; libellés abrégés.
La plus grosse division est la moins concentrée. Les travaux de construction, 66,4 milliards d'euros, près d'un tiers de la commande publique mesurée, laissent 85 % de leur montant hors des dix premiers titulaires, groupes compris : 25 684 titulaires s'y partagent le marché, et l'ingénierie qui les accompagne (10,7 Md€, 11 953 titulaires) est aussi ouverte. L'énergie fait l'inverse : dix titulaires prennent 83 % de 13,6 milliards, parce que la fourniture d'électricité et de gaz est le fait de quelques fournisseurs nationaux. Le matériel informatique et le matériel de transport suivent, à 69 % et 62 % : des marchés de constructeurs et de grossistes, où l'acheteur choisit parmi une offre courte. Le matériel médical, souvent décrit comme un marché fermé, ne l'est pas tant à cette échelle : 22,7 % pour ses dix premiers, parce que ses 16,6 milliards se répartissent sur des milliers de références et de fabricants.
Un fournisseur ou un acheteur n'a pas besoin du chiffre national. Il a besoin du sien : la concentration de son marché, sur son territoire, sur les douze derniers mois. C'est le même calcul, refait sur un autre périmètre.
Vue depuis l'acheteur.
La concentration se lit aussi dans l'autre sens. Les 665 titulaires du 1 % travaillent avec 6 909 acheteurs publics distincts sur 12 608, soit 54,8 % des acheteurs. Pour 2 479 d'entre eux (19,7 %), ces 665 titulaires reçoivent au moins la moitié de l'argent que l'acheteur a engagé sur douze mois ; pour 1 207 (9,6 %), au moins 80 %. Le sujet n'est pas seulement « les gros gagnent » : c'est qui dépend de qui. Un acheteur dont quatre cinquièmes des montants vont à des entreprises du 1 % négocie avec des fournisseurs pour lesquels il est un client parmi vingt.
| Type d'acheteur | Montant | Part des dix premiers titulaires | Part du 1 % |
|---|---|---|---|
| Établissement public industriel et commercial | 24,7 Md€ | 50,1 % | 74,1 % |
| Syndicat mixte | 24,3 Md€ | 43,1 % | 62,8 % |
| État | 11,7 Md€ | 28,8 % | 48,6 % |
| Département d'outre-mer | 2,3 Md€ | 27,1 % | 21,0 % |
| Région | 12,1 Md€ | 22,0 % | 42,0 % |
| Département | 19,4 Md€ | 17,8 % | 44,4 % |
| Établissement hospitalier | 16,2 Md€ | 12,9 % | 34,0 % |
| Groupement de communes | 41,7 Md€ | 13,2 % | 47,5 % |
| Commune | 35,2 Md€ | 11,6 % | 41,4 % |
| Type non renseigné | 35,1 Md€ | 9,4 % | 46,6 % |
« Part des dix premiers titulaires » : part des montants du type d'acheteur reçue par ses dix premiers fournisseurs. « Part du 1 % » : part reçue par les 665 titulaires du 1 % national. Le type d'acheteur manque sur 15,8 % des montants ; la ligne est gardée telle quelle, jamais répartie. Lecture du 05/09/2026.
Ce sont les acheteurs les plus techniques et les plus centralisés qui concentrent : les établissements publics industriels et commerciaux envoient la moitié de leurs montants à dix fournisseurs, les syndicats mixtes 43 %. L'État est à 29 %. Le bloc communal, communes et groupements réunis, est le premier acheteur public de France dans ces données avec 76,9 milliards d'euros, et le moins concentré sur ses dix premiers fournisseurs : 12 à 13 %. Rapporté au 1 % national, l'écart se resserre, entre 41 % et 48 % pour toutes les collectivités : les mêmes grandes entreprises sont présentes partout, mais nulle part elles ne dominent une commune comme elles dominent un EPIC.
Le 1 % n'est pas « les grandes entreprises ».
| Catégorie du titulaire6 | Titulaires | Part des titulaires | Montant | Part des montants | Dans le 1 % |
|---|---|---|---|---|---|
| PME | 53 504 | 80,3 % | 74,0 Md€ | 33,3 % | 106 titulaires, 13,8 Md€ |
| ETI | 6 839 | 10,3 % | 69,7 Md€ | 31,3 % | 268 titulaires, 43,9 Md€ |
| Grandes entreprises | 2 611 | 3,9 % | 74,1 Md€ | 33,3 % | 280 titulaires, 59,6 Md€ |
| Catégorie non renseignée | 3 688 | 5,5 % | 4,8 Md€ | 2,1 % | 12 titulaires, 2,2 Md€ |
Catégorie déclarée sur le contrat, ramenée à une valeur par titulaire (la plus fréquente). Montants après partage des contrats cotitulaires, d'où une part PME de 33,3 % ici contre 35,9 % dans le panorama de septembre, où un contrat partagé compte en entier pour chaque catégorie présente.
La catégorie est un attribut de l'entreprise, pas du groupe : ce tableau reprend la lecture par entité juridique, où le 1 % compte 666 titulaires pour 53,7 % des montants. Ce 1 % compte 280 grandes entreprises, 268 entreprises de taille intermédiaire et 106 PME. Une PME peut y entrer : il faut 49 millions d'euros de contrats sur douze mois, et 106 y arrivent. Mais 106 PME sur 53 504, c'est 0,2 %. C'est le chiffre qui réconcilie les deux phrases de l'introduction. Les PME sont 80 % des titulaires et reçoivent un tiers des montants ; les grandes entreprises sont 4 % des titulaires et reçoivent le même tiers. L'Observatoire économique de la commande publique trouve, sur l'année 2024 et un périmètre différent, 60 % des marchés et 25 % des montants pour les TPE et PME1 : la même géométrie, à quelques points près qui s'expliquent par le périmètre (l'observatoire compte les TPE avec les PME, exclut les concessions, et ne recense que ce qui lui remonte, 223 383 marchés pour 233,3 milliards d'euros).
Ce que le chiffre ne dit pas.
Il ne dit pas la dépense. Le montant publié est celui du contrat à sa notification, forfait ou maximum estimé : un accord-cadre à plafond élevé et peu exécuté pèse autant qu'un marché ferme dépensé en totalité. On mesure des contrats attribués sur douze mois, jamais un budget ni un chiffre d'affaires.
Il ne dit pas toute la commande publique. L'obligation de publication commence à 40 000 euros hors taxes2 ; en dessous, un achat existe mais n'a pas à être publié contrat par contrat. Nos données en contiennent 45 095 sous ce seuil, publiés volontairement, mais ils ne pèsent que 0,75 milliard, 0,3 % du total. Les petits titulaires sont donc sous-représentés, ce qui, là encore, sous-estime la concentration plutôt qu'il ne la gonfle.
Il repose sur une hypothèse pour les contrats partagés, et cette hypothèse est auditable. 25 295 contrats, 31,6 milliards d'euros, soit 14 % du total, ont plusieurs titulaires. La source ne publie aucune clé de répartition entre eux : l'étude attribue à chacun une part égale du montant, seule règle qui conserve le total. Sous la règle inverse, le montant entier à chaque cotitulaire, le 1 % capte 46,6 % au lieu de 54,3 %, et l'indice de Gini 0,888 au lieu de 0,897 : la conclusion ne dépend pas de la règle.
| Régime des contrats partagés | Contrats | Montant |
|---|---|---|
| Sans groupement déclaré | 10 758 | 12,8 Md€ |
| Groupement solidaire | 9 157 | 12,0 Md€ |
| Groupement conjoint | 5 264 | 6,7 Md€ |
| Régime non renseigné | 116 | 0,1 Md€ |
| Ensemble | 25 295 | 31,6 Md€ |
Les 10 758 contrats à plusieurs titulaires sans groupement déclaré sont, pour l'essentiel, des accords-cadres attribués à plusieurs entreprises, où chacune exécutera les commandes qu'on lui passe : personne n'y détient une part fixe, et le partage à parts égales y est une convention, énoncée comme telle.
Méthodologie complète
Périmètre : données essentielles de la commande publique (DECP), version courante de chaque contrat, dont la date de notification est comprise entre le 1er septembre 2025 et le 31 août 2026 inclus, France entière, tous acheteurs ; liste des données et formats fixés par l'arrêté du 22 décembre 2022,7 seuil de publication fixé par l'article R. 2196-1 du code de la commande publique.2 Unité de compte : le titulaire, identifié par son numéro SIREN et fondu dans sa tête de groupe quand une source publique la connaît (voir Groupes), sur douze mois de notifications ; ni l'établissement, ni le contrat. Population : 66 666 entités identifiées, dont 66 642 mesurables (24 n'ont aucun contrat au montant renseigné ; elles sont exclues, non comptées à zéro), ramenées à 66 532 titulaires après rattachement des filiales. Exclusions : 6 118 contrats dont la source qualifie le montant de suspect (5 253) ou d'aberrant (865) ; 4 699 lignes sans SIREN français exploitable (4,4 Md€ : entreprises étrangères, identifiants ultramarins) ; 301 lignes sans montant. Attribution des contrats partagés : une ligne par cotitulaire dans la source, portant à chaque fois le montant entier du contrat ; l'étude divise ce montant par le nombre de cotitulaires, faute de clé de répartition publiée ; 25 295 contrats sont concernés, pour 31,6 Md€ ; 4 875 autres contrats répètent un même titulaire sur plusieurs lignes et comptent pour un seul. La variante « montant entier à chaque cotitulaire » donne 46,6 % au 1 % et un Gini de 0,888. Bandes : titulaires classés par montant décroissant, bornes à 0,1 %, 1 %, 5 %, 10 % et 50 % de la population ; ticket d'entrée = montant du dernier titulaire de la bande. Indice de Gini : formule exacte des rangs sur les 66 532 titulaires, calculée côté base ; la courbe de Lorenz publiée est tracée sur 100 centiles agrégés côté base, dont le Gini par classes (0,894) est une borne basse attendue. Test de Pareto : estimateur de Hill et pente rang-taille sur les k plus gros titulaires pour k de 66 à 13 328 ; l'exposant décroît de 1,43 à 0,80 sans plateau, ce qui exclut une loi de puissance unique (un Gini de 0,897 sous une telle loi impliquerait un exposant de 1,06 et une part du 1 % de 77 %). Secteurs : division CPV des deux premiers caractères du code principal déclaré ; 27 divisions dépassent le milliard d'euros sur la fenêtre, la figure retient les douze dont le montant est le plus élevé. Type d'acheteur : tel que déclaré, non renseigné sur 15,8 % des montants. Catégorie d'entreprise : celle déclarée sur le contrat, ramenée à la valeur la plus fréquente par titulaire ; non renseignée pour 3 688 titulaires. Groupes : rattachement des filiales à leur tête de groupe par les liens de contrôle de Wikidata (filiale, organisation mère détenant 50 % ou plus), la tête étant identifiée par son SIREN,3 mesuré le 5 septembre 2026 : 393 entités décrites (0,6 %, 13,3 % des montants), dont 274 rattachées à une tête française et 188 fondues dans une autre entité ; les 119 filiales dont la tête n'a pas de SIREN (État actionnaire, groupes étrangers) restent comptées séparément (les fondre par tête donnerait 54,4 % au 1 %). Par entité juridique, sans rattachement : 1 % 53,7 %, 0,1 % 24,2 %, 5 % 76,5 %, décile 85,2 %, Gini 0,897, dix premiers titulaires des travaux de construction 12,6 %. Le rattachement ne couvre que les groupes décrits sur Wikidata : les chiffres publiés restent une borne basse de la concentration par groupe. Couverture : 45 095 contrats sous 40 000 € HT figurent dans les données (publications volontaires) pour 0,3 % du total ; le montant est celui de la notification, pas de l'exécution ; un contrat modifié n'apparaît que dans sa version courante ; les DECP sont déclaratives et publiées avec retard, le dernier mois est structurellement incomplet. Aucune entreprise n'est nommée, aucun classement n'est publié : tous les calculs sont des agrégats. Données lues le 3 septembre 2026, vérifiées le 4 septembre 2026 sur une version de la base qui déduplique les lignes répétées de la source ; rattachement aux groupes mesuré le 5 septembre 2026.
Ce que ça change pour vous.
Pour un fournisseur, la question n'est pas le chiffre national, c'est le sien : dans ma division CPV, sur mon territoire, combien de titulaires se partagent les montants, qui sont les dix premiers, et quelle part reste aux autres ? Un marché à 12 % pour les dix premiers est un marché où l'on entre ; un marché à 83 % est un marché où l'on entre en cotraitance ou pas du tout. Pour un acheteur public, la lecture inverse est celle de sa dépendance : quelle part de mes montants va à mes dix premiers fournisseurs, et à combien d'acheteurs ces fournisseurs vendent-ils par ailleurs ? Pour un directeur commercial déjà titulaire, la comparaison qui compte est celle de sa propre position dans la file : à quel centile suis-je, et de combien suis-je loin du ticket d'entrée de la bande supérieure ? Chacune de ces questions est le calcul de cette étude, refait sur un périmètre. Pour le panorama d'ensemble, qui gagne quoi, dans quels secteurs, par quelle procédure, voir « Marchés publics : qui remporte les contrats ? Douze mois de données ».
Posez la question vous-même
« Sur les douze derniers mois, pour les marchés publics de mon secteur (code CPV ou activité) et de ma région, combien de titulaires distincts se partagent les montants, quelle part reçoivent les dix premiers, et à quel centile se situe mon entreprise ? Compare avec la concentration nationale. »
Questions fréquentes.
Quelle part des marchés publics revient aux plus grands titulaires ?
Sur les douze mois à fin août 2026, 1 % des titulaires (665 sur 66 532, chaque filiale comptée avec son groupe quand le lien est connu) reçoivent 54,3 % des montants notifiés, le décile supérieur 85,3 %, la moitié basse 1,5 %. Par entité juridique, sans rattachement, le 1 % capte 53,7 % ; le rattachement ne couvrant que les groupes décrits sur Wikidata, ces parts restent une borne basse.
Qu'est-ce que l'indice de Gini et que vaut-il ici ?
Un indice de répartition compris entre 0 (tous les titulaires reçoivent le même montant) et 1 (un seul reçoit tout). Il vaut 0,897 pour les montants de la commande publique entre titulaires sur douze mois. C'est l'aire entre la courbe de Lorenz et la diagonale d'égalité, rapportée à l'aire sous la diagonale.
Les PME sont-elles désavantagées dans la commande publique ?
Elles remportent 58 % des contrats et reçoivent un tiers des montants ; les grandes entreprises, 4 % des titulaires, reçoivent le même tiers. Ce n'est pas un désavantage à contrat égal, c'est la taille des contrats : une PME gagne des marchés de 400 000 euros en moyenne, une grande entreprise de 1,4 million. Dans les travaux ou l'ingénierie, les dix premiers titulaires pèsent 13 à 15 % : ce sont des marchés ouverts.
La concentration de la commande publique augmente-t-elle ?
Cette étude est une photographie sur douze mois, pas une série. Une comparaison avec les années antérieures à 2024 subirait la rupture du seuil de publication, passé de 90 000 à 40 000 euros HT au 1er janvier 2024. À l'échelle européenne, la Cour des comptes européenne constate que la part des procédures n'ayant reçu qu'une seule offre est passée de 23,5 % en 2011 à 41,8 % en 2021, et le nombre moyen de soumissionnaires de 5,7 à 3,2 : la concentration n'est pas une singularité française.8
Pourquoi 54,3 % et pas un autre chiffre ?
Parce que le « 1 % » est une convention de lecture, pas un seuil que la donnée impose. Nous avons testé si la distribution suivait une loi de Pareto ; elle ne le fait pas, l'exposant varie avec le seuil. Le tableau des bandes donne les parts à 0,1 %, 1 %, 5 %, 10 % et 50 % pour que chacun lise celle qui lui parle. Et si l'on attribue à chaque cotitulaire le montant entier d'un contrat partagé plutôt qu'une part égale, le 1 % capte 46,6 % : la conclusion ne dépend pas de la règle.
Pourquoi vos totaux diffèrent-ils des chiffres officiels ?
L'Observatoire économique de la commande publique recense 223 383 marchés pour 233,3 milliards d'euros en 2024 ; nous mesurons 294 325 contrats pour 225,9 milliards sur douze mois glissants à fin août 2026, sur les données essentielles publiées par les acheteurs, en comptant chaque contrat une fois même quand il a plusieurs titulaires. Les périmètres diffèrent (année civile, concessions, seuils, remontée déclarative), pas la géométrie : 60 % des marchés et 25 % des montants aux TPE et PME chez l'observatoire, 58 % et 33 % ici.
Sources
- Les chiffres des marchés publics 2024, recensement économique de la commande publique. Paru en mars 2026. Consulté le 04/09/2026. www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/daj/media-document/Recensement2024-0326DEF.pdf
- Article R. 2196-1 du code de la commande publique, publication des données essentielles. Version en vigueur depuis le 01/01/2024. Consulté le 04/09/2026. www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045739606
- Wikidata, propriétés « filiale » (P355), « organisation mère » (P749) et « numéro SIREN » (P1616), liens de contrôle des groupes. Lus le 05/09/2026. www.wikidata.org/wiki/Property:P749
- Indice de Gini, définition. Consultée le 04/09/2026. www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1551
- Règlement (CE) n° 213/2008 modifiant le vocabulaire commun pour les marchés publics (CPV), annexe I. Publié au JO L 74 du 15/03/2008. Consulté le 04/09/2026. eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/HTML/?uri=CELEX:32008R0213
- Catégorie d'entreprise, définition. Consultée le 04/09/2026. www.insee.fr/fr/metadonnees/definition/c1057
- Arrêté du 22 décembre 2022 relatif aux données essentielles des marchés publics. Consulté le 04/09/2026. www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046850496
- Rapport spécial 28/2023, Marchés publics dans l'Union européenne : moins de concurrence pour les contrats attribués sur la période 2011-2021. Publié le 04/12/2023. Consulté le 04/09/2026. www.eca.europa.eu/en/publications/sr-2023-28
- Données essentielles de la commande publique, marchés attribués. Contrats notifiés jusqu'au 29/08/2026. Lues le 03/09/2026. Vérifiées le 04/09/2026.