En bref
Chaque mois, la Banque de France publie le seul décompte national de référence des entreprises qui basculent en procédure collective : combien, dans quels secteurs, et à quelle distance du niveau observé avant 2020. À fin juin 2026, ce niveau reste élevé et continue de progresser légèrement, mais de façon très inégale selon le secteur et la taille de l'entreprise. Ce panorama en donne la lecture d'ensemble, avant de préciser ce que le mot « défaillance » recouvre exactement et ce qu'il ne recouvre pas.
Combien d'entreprises sont défaillantes ?
Figure 01 · Lecture au 16/08/2026
Les transports dépassent de 71 % leur niveau de défaillances d'avant-crise, la construction reste en dessous
Écart entre les défaillances des douze mois à fin juin 2026 et la moyenne annuelle 2010-2019, en %
Source : Banque de France, Stat Info « Les défaillances d'entreprises », juin 2026 (base Fiben) · Méthode : Défaillances cumulées sur douze mois à fin juin 2026, comparées à la moyenne annuelle 2010-2019 du même secteur · Lecture au 16/08/2026 Voir les données Masquer les données
| Secteur d'activité | Valeur |
|---|---|
| Transports et entreposage | 70,6 |
| Activités financières et d'assurance | 49,3 |
| Information et communication | 45,0 |
| Conseil et services aux entreprises | 42,4 |
| Enseignement, santé, action sociale | 36,0 |
| Activités immobilières | 33,7 |
| Hébergement et restauration | 31,4 |
| Agriculture, sylviculture et pêche | 31,2 |
| Commerce, réparation automobile | 8,2 |
| Industrie | 0,4 |
| Construction | −1,4 |
À fin juin 2026, 70 803 entreprises ont été défaillantes en France sur les douze derniers mois, en cumul glissant. C'est +5,1 % de plus qu'un an plus tôt et +19,3 % au-dessus de la moyenne observée entre 2010 et 2019, le niveau de référence que la Banque de France utilise elle-même pour juger si la situation est haute ou basse. Le mouvement n'est pas linéaire d'un mois sur l'autre : après une quasi-stabilité en mai 2026, la hausse a repris en juin, portée par la plupart des secteurs et des tailles d'entreprise à la fois.
Le tableau se lit secteur par secteur : le niveau (le nombre de défaillances), son évolution sur un an, et surtout son écart à la moyenne 2010-2019, qui distingue un secteur simplement nombreux d'un secteur réellement plus touché qu'avant.
| Secteur d'activité | Cumul 12 mois (juin 2026) | juin 2026 / juin 2025 | juin 2026 / moyenne 2010-2019 |
|---|---|---|---|
| Construction | 14 483 | -1,6 % | -1,4 % |
| Commerce, réparation automobile | 14 144 | +3,1 % | +8,2 % |
| Hébergement et restauration | 9 692 | +7,5 % | +31,4 % |
| Conseils et services aux entreprises | 9 085 | +10,1 % | +42,4 % |
| Enseignement, santé, action sociale, services aux ménages | 7 225 | +13,7 % | +36,0 % |
| Industrie | 4 458 | +4,3 % | +0,4 % |
| Transports et entreposage | 3 244 | +2,9 % | +70,6 % |
| Activités immobilières | 2 653 | +5,5 % | +33,7 % |
| Information et communication | 2 146 | +2,2 % | +45,0 % |
| Agriculture, sylviculture et pêche | 1 783 | +16,5 % | +31,2 % |
| Activités financières et d'assurance | 1 717 | +3,9 % | +49,3 % |
| Ensemble | 70 803 | +5,1 % | +19,3 % |
Le total « Ensemble » inclut des entreprises dont le secteur d'activité n'est pas connu, ce qui explique un léger écart avec la somme des lignes détaillées.
En volume, la construction et le commerce dominent largement, ils comptent le plus d'entreprises. Mais rapporté à leur propre niveau d'avant-crise, c'est un tout autre secteur qui se distingue : les transports et l'entreposage, avec 3 244 défaillances, un volume modeste, dépassent leur moyenne 2010-2019 de +70,6 %, la plus forte dérive de tous les secteurs suivis par la Banque de France. À l'inverse, la construction, secteur le plus nombreux en valeur absolue, est l'un des deux seuls à repasser sous sa moyenne d'avant-crise (-1,4 %).
Qui porte la hausse ?
Figure 02 · Lecture au 16/08/2026
Les microentreprises sont les plus proches de leur niveau d'avant-crise, les ETI et grandes entreprises l'ont doublé
Écart entre les défaillances des douze mois à fin juin 2026 et la moyenne annuelle 2010-2019, en %
Source : Banque de France, Stat Info « Les défaillances d'entreprises », juin 2026 (base Fiben) · Méthode : Les ETI et grandes entreprises ne comptent que 66 défaillances sur 70 803 : l'écart en pourcentage y porte sur de très petits effectifs · Lecture au 16/08/2026 Voir les données Masquer les données
| Taille d'entreprise | Valeur |
|---|---|
| Microentreprises | 16,3 |
| Très petites entreprises | 73,7 |
| Petites entreprises | 68,0 |
| Moyennes entreprises | 61,7 |
| ETI et grandes entreprises | 100,0 |
Le même écart existe entre tailles d'entreprise, et il va dans le sens inverse de ce qu'on attendrait spontanément.
| Taille d'entreprise | Cumul 12 mois (juin 2026) | juin 2026 / juin 2025 | juin 2026 / moyenne 2010-2019 |
|---|---|---|---|
| Microentreprises (et taille indéterminée) | 65 182 | +4,7 % | +16,3 % |
| Très petites entreprises | 3 494 | +9,6 % | +73,7 % |
| Petites entreprises | 1 529 | +6,8 % | +68,0 % |
| Moyennes entreprises | 532 | +12,7 % | +61,7 % |
| ETI et grandes entreprises | 66 | +20,0 % | +100,0 % |
| Ensemble | 70 803 | +5,1 % | +19,3 % |
Les microentreprises représentent 92 % du volume total de défaillances, l'écrasante majorité : c'est mécanique, elles représentent aussi l'écrasante majorité des entreprises françaises. Mais leur écart à la moyenne 2010-2019 (+16,3 %) est le plus faible de toutes les tailles. À l'autre bout, les ETI et grandes entreprises ne pèsent que 66 défaillances sur 70 803, moins de 0,1 % du total, mais leur niveau a plus que doublé par rapport à la moyenne 2010-2019 (+100,0 %). Autrement dit : la défaillance reste un phénomène de très petites entreprises en nombre, mais c'est chez les entreprises de taille moyenne et grande que la dégradation relative depuis l'avant-crise est la plus marquée.
Sauvegarde, redressement, liquidation : ce qu'une défaillance compte
Le mot « défaillance » a un sens statistique précis, et il ne recouvre pas tout ce qu'on appelle familièrement une entreprise « en difficulté ». Trois procédures collectives existent, du moins grave au plus grave. La procédure de sauvegarde s'ouvre quand une entreprise n'est pas encore en cessation de paiement mais anticipe des difficultés : elle prend les devants avant que la situation ne se dégrade. Le redressement judiciaire s'ouvre lorsque l'entreprise est en cessation de paiement, c'est-à-dire qu'elle ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible, mais qu'elle est jugée en mesure de poursuivre son activité. La liquidation judiciaire acte l'arrêt de l'activité et la vente de l'actif pour payer les créanciers.
Seuls le redressement et la liquidation comptent comme une défaillance dans les statistiques de la Banque de France et de l'INSEE, parce que ces deux procédures supposent une déclaration de cessation de paiement, contrairement à la sauvegarde. Une entreprise qui enchaîne un redressement puis une liquidation sur la même procédure n'est comptée qu'une seule fois ; en revanche, si un plan de continuation clôture le redressement et qu'une nouvelle procédure s'ouvre plus tard, c'est une nouvelle défaillance. L'information part du jugement d'ouverture au tribunal de commerce, que la Banque de France collecte directement auprès des tribunaux ou via le Bodacc (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales, DILA), avant d'être consolidée dans sa base Fiben.
Méthodologie complète
Périmètre : défaillances d'entreprises au sens Banque de France et INSEE (ouvertures de redressement et de liquidation judiciaires, hors sauvegarde), cumul brut sur les douze derniers mois glissants, tous secteurs et toutes tailles, France entière. Chiffres tirés du Stat Info « Les défaillances d'entreprises », édition de juin 2026 (Banque de France, base Fiben, données disponibles début août 2026), et de la documentation méthodologique de l'INSEE. Rapprochements : les décomptes de la Banque de France s'appuient sur les jugements transmis par les tribunaux de commerce et sur le Bodacc (DILA) ; Hexagone Leads exploite ce même flux BODACC comme signaux par SIREN pour la veille au fil de l'eau, sans reproduire à l'identique la méthode Fiben de la Banque de France, qui reste la référence de ce panorama. Les données sont révisées chaque mois : un jugement enregistré tardivement modifie le cumul déjà publié des mois précédents. Une valeur absente n'est pas un zéro : une entreprise ou un secteur qui n'apparaît pas encore dans une révision mensuelle n'est pas nécessairement épargné, le jugement peut simplement ne pas avoir encore été transmis à la date d'extraction.
Ce que ça change pour vous.
Pour un journaliste économique ou un cabinet comptable, ce panorama donne le chiffre de référence à citer sans rouvrir chaque mois le Stat Info de la Banque de France : le niveau national, son évolution sur un an, et les secteurs où elle est la plus marquée. Pour un credit manager ou une direction des risques, l'intérêt est de savoir où concentrer la vigilance, transports, conseil aux entreprises, hébergement-restauration, plutôt que de traiter tous les secteurs comme équivalents. La même lecture se décline par région, par ancienneté d'entreprise ou par période de référence. Si la question porte sur une seule entreprise nommée et non sur l'ensemble du marché, elle se pose différemment : voir « Comment savoir si une entreprise est en difficulté ».
Posez la question vous-même
« Donne-moi le nombre de défaillances d'entreprises en France sur les douze derniers mois, leur évolution sur un an, et les trois secteurs où l'écart avec la moyenne 2010-2019 est le plus élevé. »
Questions fréquentes.
Qu'est-ce qu'une défaillance d'entreprise au sens statistique ?
L'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire ou de liquidation judiciaire, qui suppose que l'entreprise est en cessation de paiement (INSEE). La procédure de sauvegarde n'est pas comptée, car elle ne suppose pas de cessation de paiement.
Quelle est la différence entre sauvegarde, redressement et liquidation judiciaire ?
La sauvegarde anticipe des difficultés avant la cessation de paiement, le redressement judiciaire intervient après avec un objectif de poursuite d'activité, la liquidation judiciaire acte l'arrêt de l'activité et la vente de l'actif.
Pourquoi les chiffres de défaillances sont-ils parfois révisés d'un mois sur l'autre ?
Parce que la Banque de France intègre les jugements au fur et à mesure de leur transmission par les tribunaux : un jugement communiqué tardivement modifie le cumul déjà publié des mois précédents.
Peut-on obtenir ce panorama pour une autre période, un autre secteur ou une seule entreprise ?
Oui : la même question, posée dans un assistant connecté à Hexagone Leads, se décline par secteur, par région, par taille d'entreprise, ou se resserre sur une entreprise nommée.
Sources
- Stat Info, Les défaillances d'entreprises, juin 2026. Mise en ligne le 06/08/2026.
- Défaillance d'entreprise, définition. Dernière mise à jour le 13/11/2019. Consultée le 16/08/2026.
- Documentation méthodologique, indicateur Défaillances d'entreprises. Paru le 16/08/2026.
- Bodacc, bulletins A et B, procédures collectives. Méthode citée par l'INSEE. Consulté le 16/08/2026.